Nouvelle aventure scolaire!

juin 21, 2010

Clôture

Filed under: École à la maison,Réforme scolaire — jsabourin13 @ 12:40

Ce fut une courte expérience, mais qui m’a permis d’apprendre plusieurs choses, dont le fait que toute l’expérience accumulée au secondaire pendant presque 20 ans ne fait pas de moi une enseignante nécessairement qualifiée pour le primaire. C’est avec humilité que je m’incline face à l’ampleur de la tâche qui est celle des mes collègues.  J’ai tenté, presque jusqu’à m’en rendre folle, de démêler la matière à voir en mathématiques et en français juste pour en faire un semblant de synthèse. En voici le résultat:

Et là je ne vous parle pas des autres matières… Le travail est titanesque et les résultats sont… Eh bien si seulement je pouvais être fixée sur ceux-ci. Mais après 6 semaines d’examens du MELS (la pratique et la session formelle) et un porte-folio remis à la fin du mois de mai, voici où nous en sommes d’après ce courriel reçu ce matin de la part de l’enseignante de sixième année qui a fait faire les examens de Marianne:

« Bonjour,
J’ai discuté avec l’orthopédagogue qui a analysé le portfolio de Marianne, et nous ne pouvons nous prononcer sur le classement de Marianne l’an prochain.  Mylène a recommandé que Marianne ait de l’aide, mais c’est à la commission scolaire de prendre la décision concernant son classement et l’aide que peut recevoir Marianne dépend de l’école qu’elle fréquentera.  L’analyse de Mylène a été envoyée à la commission scolaire, nous n’avons pas gardé de traces de cela.  Je crois que c’est à la commission scolaire que vous aurez plus de réponses à vos questions.
Désolée de ne pouvoir vous aider davantage.
Bon été. »
Avouez que ça laisse perplexe…

mai 25, 2010

Les affres de la correction

Filed under: École à la maison,Réforme scolaire — jsabourin13 @ 3:45

Il y a bien une semaine que j’ai terminé l’administration de l’examen de français du MELS, partie production écrite, mais je me demande toujours quelle note attribuer à ma fille. J’hésite entre le niveau B, C et même peut-être D tellement ce n’est pas clair. Est-ce que son texte est rempli de fautes d’orthographe? Pas vraiment et même que selon le barème du guide pour cette partie son niveau serait A (moins de 4 % de fautes). Je dirais que le pire ce serait la ponctuation, car elle oublie presque toujours les virgules et qu’elle n’est pas très généreuse pour les points non plus, un niveau D selon ce que je comprends de la grille de correction. Le vocabulaire… Niveau C probablement, ce qui ne correspond pas à la réalité de celui qu’elle utilise en parlant, qui lui est au-dessus de la moyenne. J’ai l’impression qu’elle a été prudente dans le choix des termes pour s’assurer d’un moins grand nombre de fautes d’orthographe, mais ce n’est qu’une hypothèse. Pour l’organisation du texte, j’irais sans hésiter pour un niveau B surtout parce que j’ai dû argumenter un peu avec elle sur l’ordre de deux phrases vers la fin du texte.

Donc je me retrouve avec un A, un B, un C et un D pour 4 critères sur 5. Déjà là, avouez que rien ne me permet d’avoir une note globale déterminante. Et le dernier critère, qui est en fait le premier sur la liste, est celui qui me pose le plus de problème. Il s’agit de la pertinence du texte, en lien avec le sujet. C’est ici que j’ai un sérieux questionnement sur ce type de correction… Pas sur la grille en tant que telle, mais bien sur l’angle choisi pour élaborer les échelons. Il s’agit ici, selon moi, d’un jugement basé sur des valeurs personnelles plutôt que sur la valeur du propos, une situation inappropriée dans le cadre d’une évaluation aussi importante que celle-ci. C’est à se demander s’il s’agit d’un examen de savoir-être plutôt qu’un d’écriture…

mars 30, 2010

Matinée nostalgie…

Filed under: Réforme scolaire — jsabourin13 @ 5:06

J’ai fait mes premiers pas en enseignement au tout début des années 1990. Je me souviens d’un cours de sciences générales qui était un précurseur du tout nouveau programme de sciences physiques 416-436 qui allait introduire le monde de la science à une plus grande partie de la population scolaire. Les premières années d’implantation ont été difficiles à plusieurs niveaux : nouvelle approche STS /constructiviste à apprivoiser, taux d’échecs importants, élèves récalcitrants… Il a bien fallu quelque 4-5 années d’expérience pour arriver à un équilibre intéressant. Je me souviens d’une décision qui a fait une grande différence à l’époque : la mise en place de prérequis comme la réussite des mathématiques de niveau comparable. Le principe était assez simple sur papier surtout que les mathématiques étaient cloisonnées de la même manière que les sciences physiques. Donc, un élève inscrit en mathématique 436 pouvait accéder au cours plus avancé soit sciences physiques 436. Il s’agissait d’un choix, car le cours régulier lui était aussi offert, mais l’inverse n’était pas possible à moins d’un cas d’exception. Résultats de l’opération : des groupes beaucoup plus homogènes et surtout des taux de réussite beaucoup plus acceptables. Bon an mal an, le pire scénario que je me souviens avoir connu est un taux d’échec de 15 %, peut-être un peu plus. Et de ce nombre, plusieurs se retrouvaient à refaire le cours l’année suivante et les cas de triple échec n’étaient pas tellement fréquents… Du moins dans mes souvenirs. Et je suis à même d’en parler, car j’ai souvent choisi d’enseigner aux groupes de doubleurs selon notre appellation. J’enseignais à la PST à cette époque…

Et puis un jour de mutation, j’ai choisi une autre école, comme ça, pour changer d’air un peu. La rentrée de 2004 va se faire à la PDM pour moi, pour le meilleur et pour le pire… Ce fut aussi le début des grands bouleversements à commencer par le démantèlement des écoles de cycles au profit des écoles de quartier. L’organisation scolaire se transforme pour s’adapter à la réforme : la classe hétérogène devient la norme, intégration et pédagogie par projets obligent. L’enseignement coopératif laisse entrevoir des possibilités qui permettraient aux plus forts des élèves d’entraîner les autres vers une plus grande réussite. Pour être franche, le seul entraînement que j’ai pu observer n’a pas été dans le bon sens. Pourtant, je ne suis pas contre la réforme et encore moins pour un retour en arrière. Je suis convaincue que les projets ont leur place à travers les différentes stratégies, y compris les méthodes plus traditionnelles remises au goût du jour. Mais à vouloir tout changer à la fois, sans balises pour des changements aussi fondamentaux que l’intégration des EHDAA, on se retrouve dans des situations où tout bascule. Et la débâcle n’est même pas finie… D’enseignante passionnée et confiante, je suis devenue autre chose. Je ne trouve pas les mots exacts pour exprimer ce que je ressens maintenant, mais je sais que je ne suis plus celle que mes anciens remercient chaleureusement dans mes nombreux albums de finissants.

mars 20, 2010

Parenthèse éditoriale…

Filed under: Réforme scolaire,TIC — jsabourin13 @ 4:47

Assez, c’est assez! Y’ en a marre…

Devoirs ou pas? Réforme ou pas? TIC ou pas TIC? Intégration des EHDAA ou pas? Pantoufles ou pas tant qu’à y être… Connaissez-vous un métier qui suscite autant de débats dans la population? À quand les questionnements sur les méthodes de chirurgie, mécanique ou mise en plis? ? Vous pouvez faire la différence entre un rachis et une épidurale? J’ai eu un mélange des deux à la naissance de ma fille. L’anesthésiste est venu me demander si ça me dérangeait s’il essayait ça. « C’est tout nouveau » qu’il m’a dit tout heureux de sa chance de tenter l’expérience avec moi. Je n’ai pas eu le courage de lui dire non devant tant d’enthousiasme professionnel. Pourtant, je n’en menais pas large rendu à la porte du bloc opératoire. Après 4 heures d’attente pour une césarienne prévue d’avance, c’est dur de faire marche arrière. Est-ce que j’ai eu des doutes sur sa capacité à faire son travail? Pas une seconde… C’est lui le spécialiste et ma connaissance du domaine de l’anesthésie ne me permet pas d’avoir une opinion éclairée sur le sujet. Je ne dis pas qu’il s’agit de faire confiance aveuglement, mais bien d’avoir la conviction qu’une personne qui a pris la peine de faire des études dans le domaine et qui, en plus, reste au fait des avancées sur le sujet, mérite mon respect. Et ça se traduit par une confiance sereine de ma part.

Et j’en profite ici pour faire une mise au point. Le fait d’avoir passé par les bancs d’école ne fait pas de personne un(e) enseignant(e).  Ça demande au moins 17 ans de scolarité, dont 4 qui vous prépare à la pédagogie dans un domaine particulier, et, ensuite, la pratique en classe. Et j’ajouterais même que ça prend quelques années encore pour savoir si vous êtes vraiment fait pour ça. Combien quittent la profession dans les 5 premières années??? 20 % environ… Vous avez déjà enseigné il y a plus de 5 ans peut-être… Eh bien vous ne savez pas ce qu’est devenue la profession. Les changements ont été trop importants au niveau de la structure pour que vous vous y reconnaissiez et, en plus, l’avenir ne laisse rien présagé de mieux, au contraire.

L’acte d’enseignement est complexe et demande un haut niveau de compétence. Les Finnois semblent l’avoir compris d’après ce qu’on peut lire au sujet de leur système d’éducation. Je n’implique pas qu’on ne peut pas avoir une opinion sur le système éducatif, les écoles, les enseignants ou autres. Mais à quoi peuvent bien servir les innombrables commentaires négatifs, accusateurs ou peu porteurs sinon à rendre plus pénible encore le fait d’essayer d’enseigner au Québec. Ce ne sont pas des avis, aussi experts soient-ils, qui vont permettre d’améliorer quoi que ce soit, mais bien un soutien réel de la société. D’ici là, on aura ce système que tout le monde semble prendre un malin plaisir à dénigrer sans vraiment le comprendre.

De mon côté, je vais me contenter de pratiquer mon métier, tant bien que mal, en périphérie surtout, avec, pour l’instant, ma fille comme seule élève…

mars 13, 2010

Découvertes innatendues… (suite)

Filed under: Réforme scolaire — jsabourin13 @ 11:33

La découverte qui m’a le plus surprise est lourde de conséquences. J’ai dû changer complètement mon approche pédagogique pour y pallier. De pédagogie par projets principalement, je suis retournée vers un enseignement explicite dans beaucoup plus de cas que prévu. Les lacunes avec lesquelles j’ai composé depuis le début sont trop nombreuses pour fermer les yeux surtout qu’il s’agit de ma fille. Et pourtant, rien ne laissait croire que c’était le cas. Ma fille a toujours bien réussi ses années scolaires, elle a un esprit curieux et critique, un excellent vocabulaire et un goût particulier pour la lecture. Malheureusement, elle n’arrive pas à résoudre des problèmes mathématiques sans se buter continuellement sur les opérations de base comme la multiplication et la division. La conjugaison des verbes est laborieuse à chaque phrase écrite d’une dictée ou d’un texte. Et ce ne sont là que deux exemples…

Étant déjà dans l’enseignement, je suis déjà assez au courant des pratiques qui y ont cours en particulier par rapport à la réforme de l’école québécoise. Mes impressions me viennent surtout de mon expérience professionnelle, autant par observation directe que par voie de formations diverses. Et ici je ne veux surtout pas m’embourber dans les affres du débat qui fait déjà rage. Mes racines scientifiques sont profondes et j’ai toujours préféré m’en tenir aux faits observables et mesurables. C’est donc avec rigueur que je souhaite aborder le sujet de la réforme et de ses conséquences.

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